BIENFAITS des PLANTES MEDICINALES

ARMOISE COMMUNE

dimanche 30 juillet 2017 par Dr Dom COQUERET

ARMOISE

ARMOISE COMMUNE

Artemisia vulgaris L.

article révisé et complété en Mars 2019

une Armoise sous le Mont Faucon
COULANGES LA VINEUSE
(Yonne, 89)

 Noms vernaculaires :

Armoise commune, Artémise, Herbe de feu, Herbe aux cents goûts, Couronne de St Jean…

 BOTANIQUE 

Famille des Astéracées (Composées)

Plante vivace, grande, atteignant 80 cm à 1,30-1,40m ; à tige brun-rougeâtre cannelée ; à feuilles alternes et très découpées en lanières, dont la face supérieure est vert-foncé, et la face inférieure velue gris-blanchâtre ; ces feuilles, froissées entre les doigts, ont une odeur aromatique un peu désagréable, et une saveur amère. Les fleurs sont des petits capitules de couleur jaune-brunâtre plus ou moins violacée, groupés en panicule à la partie supérieure des tiges ; ces inflorescences sont tomentueuses (c’est-à-dire duveteuses) recouvertes de poils fins laineux. Chaque fleur est tubulée. Le fruit est un akène nu (sans aigrette). Chaque plante peut en disséminer plusieurs milliers.

Note : il existe de nombreuses variétés d’Armoises , possédant des propriétés semblables, ou très proches.
- Nous avons traité la « Grande Armoise » qui est l’Absinthe (Artemisia absinthium) dans une monographie spéciale.
- Il existe aussi l’ Armoise pontique (Artemisia pontica) ou « petite absinthe »
- l’Aurone (Artemisia abrotonum
- le Semen contra (Artemisia cina) puissamment vermifuge 
- de petites Armoises alpines appelées « Génépi » qui poussent en altitude, sur les moraines glaciaires, et avec lesquelles est confectionnée une délicieuse liqueur
- l’Armoise Herbe blanche (Artemisia herba alba) qui est une indigène des steppes du Moyen-Orient, des Plateaux Iraniens, et qui pousse aussi en Afrique du nord (Maghreb)
- l’Armoise blanche (Artemisia alba) qui est méditerranéenne...
- et l’Estragon de nos jardins (Artemisia dracunculus), une Armoise cultivée, la seule à ne pas avoir de feuilles découpées, et dont l’usage est condimentaire.
Toutes sont médicinales.

l’Armoise annuelle (Artemisia annua) dite « Armoise chinoise » et l’Armoise africaine (Artemisia afra) seront traitées ensemble dans une monographie particulière focalisée sur les maladies tropicales qu’elles soignent.

 HABITAT 

Les différentes variétés d’armoises sont de grandes herbes sauvages répandues dans toute l’Europe, et dans les steppes s’étendant jusqu’en Sibérie (en Ukraine, le nom de la plante appelée « Herbe noire » a donné son nom à Tchernobyl ). Elles poussent aussi dans les grandes étendues d’Amérique du Nord. C’est une plante rudérale c’est-à-dire poussant sur les décombres riches en nitrates, dans les friches, sur les talus où elle aime pousser à découvert, en plaine et jusqu’à 1300 mètres d’altitude.

Armoise au bord d’un champ
sur la route de SENAN,
LADUZ (Yonne, 89)

 USAGE MEDICINAL

 1) Historique et usages traditionnels 

L’Armoise commune est une des plantes les plus anciennes à laquelle l’homme a fait appel pour un usage médical. Dans la Grèce ancienne, elle fut dédiée à Artémis, déesse de la Nature et de la féminité. La plante était considérée comme porteuse de pouvoirs magiques pour éloigner les mauvais esprits, et protéger le voyageur qui avait pris soin d’en porter un rameau sur lui. Elle protégeait les maisons du feu, de la foudre, et leurs habitants des épidémies. Les Gaulois s’en servait sous le nom de « Ponéma » à des fins rituelles.

Au Moyen-Âge, cette plante était très populaire. Lors des feux de la St Jean (le 24 Juin) les villageois tressaient des couronnes et des ceintures avec des rameaux d’armoise, dansaient autour du feu, puis les jetaient dans les flammes pour se prémunir des maladies durant l’année à venir.

Les Armoises ont été utilisées en médecine perse et arabe (Zakariya al-RAZI au IX° s., IBN SINA dit « Avicenne » au XI° s., Ibn al-BAYTAR au XII° s. ...). Ces médecins ont repris les œuvres d’HIPPOCRATE, DIOSCORIDE et GALIEN, et les utilisaient comme emménagogues, stimulantes contre la « lassitude », vermifuges...

Cette « Simple » a été employée pendant tout le Moyen-Âge et les siècles suivants comme remède gynécologique qui « purifie, échauffe et fortifie la matrice ». En application sur le bas-ventre, elle facilitait les contractions utérines lors de l’accouchement. Au XI° siècle, dans l’Italie du Sud, TROTULA, une femme accoucheuse et chirurgien pratiquant des césariennes au dispensaire de l’Ecole de Salerne, écrivit des Traités médicinaux consacrés aux femmes. « Contre la douleur de la vulve après l’accouchement, prendre de la rue, de l’armoise et du camphre, les piler et les mélanger avec de l’huile de musc ou de pouliot et les faire chauffer dans un pot, en imprégner un linge et introduire ».

MATTHIOLI, médecin italien du XVI° siècle, rappelle que depuis l’époque de DIOSCORIDE et de GALIEN, « la fumée de la décoction, reçue par le bas, est bonne pour émouvoir les fleurs, pour faire sortir l’enfant hors du ventre de sa mère ». « Les feuilles pilées (avec huile, figues, et myrrhe) sont bonnes en pessaire contre les passions de la matrice : car elles en font venir les menstrues et l’arrière-faix (le placenta). La racine d’icelle bue purge si bien la matrice qu’elle en fait sortir voire les enfants morts ». C’est dire combien cette plante depuis l’antiquité était reconnue comme une excellente « plante utérine », emménagogue, et d’utile secours pour hâter l’accouchement, assurer la délivrance, tout autant que la Matricaire (qui était à l’époque considérée comme une petite Armoise).

MATTHIOLI écrit encore que « l’herbe toute récente est bonne à boire contre l’opium qu’on aurait avalé. La poudre des feuilles séchées bue du poids de trois drachmes avec du vin, est très bon remède contre la sciatique ».

Comme le décrivent les vieux ouvrages : l’armoise commune « apaise les maux de ventre », « guérit l’hydropisie (les oedèmes) et la jaunisse » ; elle est également « vulnéraire… contre les morsures de serpents et de scorpions, on l’applique immédiatement sur la plaie », « contre les blessures des armes », et en massages des pieds, des jambes, et des genoux gonflés (hydarthrose). Robert JAMES rapporte que l’Armoise commune « lorsqu’on la fait bouillir dans du vin avec des fleurs de camomille, de sauge et de romarin, fortifie et rétablit les membres mutilés et refroidis que l’on fomente avec cette décoction ».

au XVI° siècle, Hieronymus BOCK dit « TRAGUS » l’un des pères allemands de la botanique et son contemporain Jean FERNEL, qui fut médecin de Henri II et de Catherine de Médicis, employèrent l’Armoise contre l’épilepsie. Ils furent suivis dans cette indication anti-épileptique de la plante par de nombreux et illustres médecins dont SIMON PAULI au XVII° s, Michael ETTMULLER au XVII°s, HUFELAND au XVIII°s, et BRESLER qui concocta une poudre dite « Poudre de BRESLER » à base de racine d’armoise.

Il a existé un « Sirop d’Armoise Composé  » (à base de sommités fleuries d’Armoise, Pouliot, Cataire, Sabine, Marjolaine, Hysope, Matricaire, Basilic, Rue, et de racines d’Aunée, Fenouil, Livèche) qui était emménagogue.

A la fin du XIX° siècle, CAZIN résumait ainsi les principales propriétés de la plante et les indications qui en découlent : « L’armoise est tonique, stimulante, antispasmodique, emménagogue. On l’a employée dans l’hystérie, la chlorose, l’aménorrhée, la chorée, les vomissements spasmodiques, les convulsions de l’enfant, les névralgies, l’épilepsie, etc ».

LECLERC au début du XX° siècle l’a vue réussir « surtout dans l’aménorrhée des chlorotiques (c’est-à-dire des femmes anémiées). Mais il en soulignait la non-innocuité à doses élevées ; le risque étant « une hépatonéphrite à prédominance rénale accompagnée de phénomènes convulsifs ».

En Amérique du Nord, c’est une grande plante rituelle que les Amérindiens brûlaient , comme la SAUGE et le TABAC, en fumigations pour protéger contre les esprits-ennemis, et que les Hommes-Médecine fumaient dans leurs pipes sacrées afin d’entrer en communication avec le Grand-Esprit.

 2) Composition & Pharmacologie 

La plante renferme dans ses parties aériennes une huile essentielle (HE) en petite quantité (0,2%-0,3%). Les études pharmacologiques depuis un siècle y ont isolé :
- du Cinéole, appelé aussi Eucalyptol car extrait de l’EUCALYPTUS, mais aussi du ROMARIN ; c’est un monoterpène antiseptique des voies respiratoires, et un antirhumatismal.
- du Linalol, un alcool terpénique.
- du Camphre, une cétone bicyclique, principalement extraite du CAMPHRIER du Japon, présent également dans le THUYA, l’ABSINTHE, le ROMARIN, la SAUGE et la LAVANDE ; c’est un antiseptique, analeptique cardio-circulatoire, analgésique ; mais aussi « refroidissant » et anaphrodisiaque ; il est neurotoxique à forte dose, contrindiqué chez le nourrisson et le jeune enfant. .

- de la Thuyone, une cétone monoterpénique toxique, antagoniste des récepteurs GABA cérébraux, qui est convulsivante à forte dose, et provoque des hallucinations. L’ARTEMISIA ABSINTHUM ou ABSINTHE, le THUYA, et la TANAISIE en contiennent d’avantage. La consommation régulière d’absinthe, une boisson alcoolisée appelée aussi « la fée verte » avait entrainé, avant son interdiction, des ravages. En effet, l’intoxication chronique aboutissait à la destruction des neurones, et à la cécité par destruction du nerf optique (en réalité, en grande partie due à l’alcool). Heureusement, l’ARMOISE COMMUNE, comme la SAUGE, n’en contient qu’en faible proportion.

- des Lactones sesquiterpéniques, dont l’Artémisinine, la Vulgarine, et la Psilostachyine. Celles-ci ont de nombreuses propriétés (régulatrices hormonales, anti-infectieuses, cytotoxiques…).
En particulier , l’Artémisinine, présente dans l’Armoise commune, a aussi été isolée en quantité plus importante dans une variété d’Armoise chinoise ARTEMISIA annua, que la pharmacopée chinoise traditionnelle utilisait depuis plus de 2000 ans, pour traiter les accès palustres. En 1972 cette substance, responsable de l’action contre le Plasmodium falciparum, agent du paludisme, a été isolée, puis purifiée. Avec l’apparition de la Chloroquinorésistance à la fin du 20° siècle, la culture de cette Armoise chinoise fut développée afin de pourvoir à l’association systématique d’Artémisinine à d’autres antipaludéens dans les pays du Sud-Est asiatique. Malheureusement, les premiers cas de résistance sont apparus depuis quelques années. C’est une course contre la montre pour découvrir d’autres substances actives…
Par ailleurs, ces lactones sesquiterpéniques sont anti-parasitaires contre d’autres maladies tropicales : la bilharziose, la distomatose (douve du foie), la leishmaniose viscérale… Enfin des travaux récents depuis 2001 (Dr Narendra SINGH et Henry LAI, à l’Université Washington de Seattle, USA) ont découvert des propriétés anti-cancéreuses de l’Artémisinine sur plusieurs types de cellules tumorales (SINGH, 2004).
Une autre lactone sesquiterpénique « eudesmanolide » : la Yomogine, primitivement isolée chez Artemisia princeps (une Armoise japonaise appelée « yomogi »), a été également retrouvée chez Artemisia vulgaris. Connue comme anti-inflammatoire, elle est aussi antagoniste des récepteurs H1 à l’Histamine, d’où un effet myorelaxant sur les fibres lisses de la trachée et de l’iléon, expliquant ses propriétés antispasmodiques respiratoires et intestinales (NATIVIDAD, 2011). Cette lactone s’est avérée, en outre, avoir une action inhibitrice de la prolifération cellulaire tumorale (notamment de la leucémie myéloïde).

- et également des Flavonoïdes, des Polyines, des minéraux (Ca, K), des métaux (Zinc, Magnésium), et des oligo-éléments (Phosphore, Soufre, Iode)

- La plante renferme dans ses parties aériennes une Huile Essentielle (HE) en petite quantité (environ 0,2% - 0,4%).
Beaucoup de ses composants se retrouvent chez d’autres armoises, avec cependant des profils chémotypiques propres à chaque espèce (PANDEY, 2017). Par ailleurs, le taux de chaque composant volatil (sesquiterpéniques, terpéniques, phénoliques...) est très variable selon la contrée d’origine, et le moment de la récolte.

En Lithuanie, l’analyse de l’HE de plusieurs spécimens d’Artemisia vulgaris révèle une variabilité des composants volatiles, présents à des concentrations variables, mais quelquefois absents de certains spécimens.
Le taux moyen d’HE dans la plante était de 0,2% à 0,4%.
Les composants majoritaires étaient :
Germacrène D (un sesquiterpène) 10,6% - 15,1%
trans-Thuyone 0% - 20,2%
cis-Thuyone 0% - 12,9%
Chrysanthényl acétate 0% - 23,6%
1,8-Cinéole (Eucalyptol) 16,7% - 17,6%
Sabinène 0% - 8,4%
β-Pinène 0,1% - 12,9%
Caryophyllène 2,5% - 12,2%
Artemisia kétone 0% - 7,8%
Camphor (Camphre) 0% - 7,4%
Caryophyllène oxyde 1,7% - 5,5%
α-Humulène 0,8% - 5,5%
Davanone 0% - 5,2%
Les composants minoritaires étaient :
Myrcène 0,4% - 4,5%
trans-Sabinène hydrate 0% - 4,3%
α-Pinène 0,3% - 2,9%
Spathulénol 1,0% - 2,5%
δ-Cadidène 0,3% - 2,4%
Bicyclogermacrène 0,9% - 2,2%
Bornéol 0% - 2,2%
cis-Arténuic alcool 0% - 2,0% (JUDZENTIENE, 2006)

La même chercheuse lithuanienne, continuant d’étudier la plante, trouvait dans une nouvelle étude des spécimens d’un chémotype particulier :
Davanone 13,8% - 45,5%
Germacrène D 9,1% - 30,5%
Camphor (Camphre) 18,9%
1,8-Cinéole (Eucalyptol) 16,4%
trans-Thuyone 8,9% - 10,9%
cis-Chrysanthényl acetate 10,4%
Ici apparait un « chémotype à Davanone » assez particulier.
Cette HE contenant des quantités appréciables de Germacrène D, de 1,8-Cinéole, de Camphre et de Davanone possède d’ailleurs une certaine toxicité, qui a été évaluée par sa DL50 à 10,3-23,1 μg/ml. (JUDZENTIENE, 2016).
La Davanone est une Lactone sesquiterpénique rencontrée aussi chez certaines autres Armoises (comme A. pallens, A. abrotanum ou A. indica) ; elle est spasmolytique (antispasmodique) et antifongique.
Le Germacrène D est un sesquiterpène, qui joue, pour la plante un rôle de phéromone à l’attention de certains insectes. Il est très présent chez beaucoup d’Armoises, mais également chez les Solidages et la Sauge sclarée... Il a des propriétés antibactériennes et antifongiques.

En Inde, dans des cultures de la plaine Indo-Gangétique, les taux des composants de l’HE dans les feuilles varient selon la période de récolte.
Le taux d’HE est de 0,1% à 0,5% dans la plante.
les composants principaux, dans l’HE extraite des feuilles, sont :
Camphor (Camphre) 15,7% - 23,1%
Isobornéol 9,3% - 20,9%
1,8-Cinéole (Eucalyptol) 2,2% - 12,2%
α-Thuyone 0% - 11,4%
Dans la fleur : le taux de Camphre atteint 38,7%
Dans la graine : prédominent l’ α-Thuyone 15,5%-16,0% et l’artemisia alcool 16,3%-17,7% (HAIDER, 2003).

Dans une autre région Indienne (de l’Himalaya Uttarakhand) les taux des principaux composés volatils étaient majoritairement à α-Thuyone :
α-Thuyone 14,40% - 21,66%
Artémisia kétone 6,77% - 8,64%
trans-Caryophyllène 6,22% - 6,94%
1,8-Cinéole (Eucalyptol) 4,75% - 5,13%
mais un spécimen himalayen était d’un chémotype différent où l’Artémisia kétone (une cétone) était majoritaire, contrastant avec une α-Thyone très basse :
Artémisia kétone 29,38%
p-Cymène 7,60%
Yomogi alcool 5,58%
α-Thuyone 3,10% (LOHANI, 2016).

Chez une Artemisia vulgaris de la région de Kashan, en Iran, le rendement moyen en HE était de 0,25%.
Les composants principaux étaient :
trans-Caryophyllène 24,76%
1,8-Cinéole (Eucalyptol) 18,64%
trans-Salvène 14,87%
β-Cubébène 11,82%
α-Humulène 5,47%
β-Elémène 2,51%
α -Copaène 2,46%
β-Myrcène 2,12%
1-Octène-3-ol 2,06%
Pinocarvone 1,96%
Spathulénol 1,75%
Bicyclogermacrène 1,69% (BAMONIRI, 2010).

Chez des spécimens récoltés en Anatolie, le taux d’HE d’A. vulgaris était de 0,4%. Et les composants majoritaires étaient :
α-Thuyone 56,13%
β-Thuyone 12,02%
Caryophyllene oxyde 10,19%
1,8-Cinéole (Eucalyptol) 8,47%
Spathulénol 1,39%
Humulène (époxyde) 1,27%
Cette variété totalise un taux très élevé de Thuyone (α + β) de 68,15%, réalisant un « chémotype à Thuyone » ; celle-ci est une cétone neuro-toxique. (BAYKAN EREL, 2012).

Une variété d’Armoise commune récoltée dans un endroit tout-à-fait différent (dans l’Ouest de l’Azerbaijan iranien), séchée pendant 7 jours, et obtenue par hydro-distillation, a fourni un taux d’HE de 1,4%. L’analyse a reconnu comme composants majoritaires :
α-Pinène 23,56%
Menthol 9,71%
β-Eudesmol 8,29%
Spathulénol 4,58% (ALIZADEHI, 2012)

Aux USA, dans la région d’Erie en Pennsylvanie, l’analyse montrait des différences notables dans les composants volatils et leurs taux respectifs dans les bourgeons floraux et les feuilles fraiches :
- dans les bourgeons :
1,8-Cinéole (Eucalyptol) 32,2%
Camphor (Camphre) 16,3%
Bornéol 9,0%
Terpinène-4-ol 6,2%
Caryophyllène 5,3%
Caryophyllène oxide 3,6%
Germacrène D 3,2%
p-Cymène 2,4%
- dans les feuilles :
Germacrène D 25,3%
Caryophyllène 19,6%
α-Zingiberène 14,9%
Bornéol 10,8%
ar-Curcumène 6,0%
α-Humulène 5,0%
δ-Cadidène 3,9% (WILLIAMS, 2012)
Remarquons que dans cette Armoise commune, le Germacrène D, un sesquiterpène fréquemment retrouvée dans l’HE de la plante, est ici majoritaire.
La présence d’ α-Zingibérène est une surprise, car non-présente habituellement chez A. Vulgaris. C’est un sesquiterpène monocyclique, l’une des substances principales de l’HE de rhizome de Gingembre.
Quant au ar-Curcumène, c’est aussi un sesquiterpène retrouvé dans le rhizome de Curcuma.

Chez une Armoise commune Egyptienne, les composants majeurs de l’HE sont :
Camphor (Camphre) 11,37%
3,5-diméthylcyclohexane 11,37%
Germacrène D 8,58%
Cubébène 8,58%
Eucalyptol 7,48%
Caryophyllène 5,16%
Valencène 5,16%
Dihydroartémisinine,3-desoxy- 3,80%
Spathulénol 3,33%
Bornéol 2,59%
1,5-heptadiene-4-one-3,3,6-triméthy 2,39%
Thujopsène 2,12%
Camphénol 2,08%
Bicyclogermacrène 1,97%
Humulène 1,82%
Noter dans cette Artemisia vulgaris la présence de Dihydroartémisinine en petite quantité (3,80%) ; elle est un dérivé métabolique de l’Artémisinine, actif sur le paludisme (AHL HUSSEIN, 2016).

Armoise au bord de l’Yonne,
à AUXERRE (Yonne, 89)

L’Armoise commune a été traditionnellement utilisée pour traiter le diabète, l’épilepsie, le stress et l’anxiété, la dépression, l’aménorrhée et les douleurs pelviennes liées à la dysménorrhée, les verminoses...
On lui attribue les propriétés suivantes : tonique, antiseptique, antispasmodique, hépatoprotectrice, antimalarique et anthelminthique (BAMONIRI, 2010)

Des tests de laboratoire chez la souris et le rat ont montré que des extraits d’Artemisia vulgaris ont un effet anti-inflammatoire (sur un modèle d’inflammation aigu de la patte du rat) à la posologie de 400mg/kg ; et un effet analgésique significatif (ASHOK, 2013) ; et sur un autre modèle de granulome induit chez le rat, un effet anti-inflammatoire à la posologie de 200-400 mg/kg (AFSAR, 2013).

Toujours en expérimentation animale, cette fois sur le lapin et le cobaye, l’extrait d’Armoise commune est antispasmodique sur le tractus intestinal par effet anticholinergique ; et antibronchoconstricteur, c’est-à-dire qu’il favorise la bronchodilatation dans l’asthme (KHAN, 2009).

Dans un modèle d’hépatite induite chez la souris, l’administration préalable d’un extrait des parties aériennes d’Artemisia vulgaris est hépatoprotectrice : elle limite l’ascension des transaminases (ALAT et ASAT) et améliore les lésions histologiques (oedème et cytolyse). Cela valide l’utilisation traditionnelle de la plante dans des désordres hépatiques, notamment d’origine toxique (GILANI, 2005).

Chez la souris, l’Artemisia vulgaris exerce un effet IMAO (inhibiteur de l’enzyme monoamine oxydase), enzyme chargée de dégrader les amines cérébrales : noradrénaline et sérotonine. Ces amines sont des neurotransmetteurs chargés de réguler l’anxiété et de stimuler la thymie. L’inhibition de leur dégradation relève donc la concentration de ces amines, et leur action favorable sur l’humeur. Cela corrobore l’emploi traditionnel de la plante dans les névroses et la dépression.
Les substances actives identifiées dans la plante comme ayant cette action IMAO sont 5 flavonoïdes et 3 coumarines :
Les 5 flavonoïdes : le plus puissant l’Apigénine, suivi de Quercétine, Lutéoline, Eupafoline, Jaceosidine
et les 3 coumarines : Aesculétine, Aesculétine-7-méthyl-éther, et la Scopolétine (LEE, 2000).

L’Huile Essentielle d’inflorescences (bourgeons) et de feuilles d’A. vulgaris inhibent à faibles concentrations, in vitro, la croissance de plusieurs lignées cellulaires, par exemple de cellules leucémiques (HL-60). L’action cytotoxique passe par l’induction de l’apoptose (ou mort cellulaire) qui résulte de l’activation en cascade des enzymes capsases 9 et 3, puis 8. Sont impliquées aussi une rupture du potentiel transmembranaire des mitochondries ; et l’expression des Bcl-2, bax, bid...(SALEH, 2014).

Des recherches sur une éventuelle action parasitologique ont permis de découvrir son action larvicide sur Aedes aegypti, le moustique qui est le vecteur de trois viroses tropicales sévères : la Dengue, la Fièvre jaune, et le Chykungunya. Les larves du moustique survivent dans les eaux stagnantes des mares, des vasques, des pots... Or, l’Huile Essentielle d’Artemisia vulgaris est larvicide à la faible concentration de 1/500ppm, à un temps d’exposition d’au moins 8 heures.
Il s’agissait de spécimens indiens récoltés dans la région du Tamil Nadu (au Sud de l’Inde), et la composition de cette HE était :
Monoterpènes oxygénés :
Camphor (Camphre) 17,3%
αThuyone 10,7%
1,8-Cinéole (Eucalyptol) 5,1%
Monoterpène hydrocarboné :
Camphène 6,0%
et Sesquiterpènes :
γ-Muurolène 9,0%
β-Caryophyllène 5,8%
Son HE pourrait donc servir d’insecticide, pulvérisée en dilution faible, à la place d’insecticides synthétiques actuellement utilisés et dangereux (GOVINDARAJ, 2013).

 3) INDICATIONS THERAPEUTIQUES de l’ARMOISE COMMUNE

L’Armoise commune partage beaucoup d’indications semblables à celles de l’ABSINTHE concernant l’état général, le système digestif, et le système nerveux :
L’Armoise est :
=> elle est « tonique amère », apéritive et digestive  : elle stimule l’appétit, les sucs gastriques, et la bile (cholérétique)

=> stimulante générale, et défatigante ; utilisable par petites cures en cas d’asthénie tant physique que psychique (psychasthénie)

=> anti-épileptique, beaucoup utilisée du XVI° au XIX° s., pour les convulsions infantiles ;
l’Armoise calme certains troubles nerveux de la série « hystérique » ; et peut traiter l’insomnie liée à l’anxiété névrotique. Par un effet antidépresseur très doux de type IMAO elle peut remédier la tendance dépressive, en relevant le taux des médiateurs neurocérébraux.

=> elle est anti-infectieuse par ses propriétés bactéricides, antifongiques, et antiparasitaires. Elle a été employée dans les infections ORL, respiratoires, intestinales, et urinaires.

=> elle est antispasmodique abdominale et respiratoire : calme les coliques, et favorise un effet bronchodilatateur dans l’asthme.

=> C’est surtout une grande « Plante féminine » à plusieurs titres, tout comme la CAMOMILLE MATRICAIRE :
- elle régule les cycles menstruels irréguliers, quand les règles sont espacées et pauvres (oligospanioménorrhée) ; « emménagogue  », elle favorise le déclenchement des règles en cas d’aménorrhée (grossesse exclue, bien sûr !)
- elle soulage les dysménorrhées (règles douloureuses)
- elle améliore le syndrome prémenstruel (rétention oedémateuse, pesanteur utérine) à l’approche des règles
- elle augmente les contractions utérines à l’accouchement , facilite la délivrance et l’expulsion du placenta.

=> diurétique légère ; c’est un antihypertenseur modéré.

=> Hépatoprotectrice, elle peut limiter la cytolyse hépatique et les phénomènes inflammatoires dans les hépatites toxiques.

=> elle est vermifuge sur les nématodes (vers ronds, comme les oxyures), tout comme une autre Armoise : le SEMEN CONTRA (Artemisia cina)

Note : si des Lactones sesquiterpéniques dérivés de l’Artémisinine, comme la Dihydroartémisinine, ont bien été isolées en petites quantités, seulement chez certains spécimens d’Armoise commune, son action antipaludéenne n’est pas clairement établie. C’est également le cas de l’Armoise absinthe. Aussi, pour une indication thérapeutique dans la Malaria, le recours à l’Armoise annuelle ou à l’Armoise africaine est recommandée).

Attention :
- chez certaines personnes sensibilisées, l’Armoise commune peut provoquer des allergies cutanées.
- à forte dose, elle peut s’avérer néphrotoxique.

 USAGE CULINAIRE 

L’Armoise commune est également une plante condimentaire, dont la saveur aromatique un peu camphrée aromatise bien les viandes rôties, particulièrement les volailles ; alors qu’une autre Armoise , l’ESTRAGON se prête plus volontiers à parfumer les poissons, les salades, ou les omelettes.
Certains brasseurs l’utilisent pour aromatiser la bière.

 USAGE HORTICOLE 

On prépare du PURIN d’ARMOISE comme révulsif des insectes, des limaces et des escargots.

 USAGE comme INSECTICIDE

- la plante est insectifuge (c’est-à-dire qu’elle repousse certains insectes). On peut en mettre dans des petits sacs de toile, disposés dans les armoires pour éloigner les mites.
- L’Huile Essentielle d’Armoise commune insecticide (comme la TANAISIE). Surtout, elle est donc larvicide sur le moustique Aedes aegypti, et peut être utilisée comme insecticide naturel à la dilution faible de 1/500° pour éradiquer des larves dans les eaux stagnantes de l’environnement des maisons. Elle peut donc participer à des mesures épidémiologiques pour freiner l’extension d’épidémies à Fièvre jaune, Dengue, et Chykungunya, transmises par ce moustique (GOVINDARAJ, 2013).

 AUTRES USAGES

- en acupuncture, on fait brûler doucement de petits cônes d’Armoise appelés « moxa », comme de l’encens, à l’endroit des points d’acupuncture sur le trajet des méridiens ; où ils remplacent les aiguilles pour stimuler par la chaleur ces points énergétiques. La technique des moxas s’appelle la « moxibustion ». Elle serait la plus ancienne pratique acupuncturale, encore choisie préférentiellement pour tonifier, en cas de vide, de froid, ou d’affections liées à une faiblesse vitale.
- les feuilles d’Armoise séchées ont été fumées comme succédané du tabac

 RECOLTE

- les feuilles, du printemps à l’été, laisser sécher dans un local bien aéré
- les sommités fleuries en Juillet-Août
à conserver dans des sachets en papiers, ou dans des bocaux en verre, à l’abri de la lumière.

inflorescences d’Armoise

 EMPLOI MEDICINAL et POSOLOGIE

- en INFUSION : de 8 à 20 g/ litre (soit 4 cuillères-à-café /litre) ou 1 cuillère-à-café par tasse de feuilles séchées ou de sommités fleuries, porter à ébullition, laisser infuser 10-15 mn. En boire 2 à 4 fois /j ; pour les indications citées. Il n’existe aucun risque, aucune toxicité aux doses habituelles.

- en DECOCTION pour application locale de compresses, ou incorporée à un onguent pour massage des jambes et des cuisses en cas de crampes, ou de fatigue après marche prolongée.

- en GELULE : faire préparer des gélules de poudre de feuilles à 300mg en Herboristerie ; 1 gélule aux 3 repas x pendant 7-10 jours en période prémenstruelle.

- en TEINTURE MERE : ARTEMISIA VULGARIS TM : 30 gouttes x 3 fois / jour, ou plus simplement 50 gouttes x matin et soir afin de régulariser des règles, comme fortifiant, ou antispasmodique ; par cures de 2 à 3 semaines.

- en VIN MEDICINAL : 20 à 30g des parties aériennes à laisser macérer dans 1 litre de vin blanc pendant 10 jours, filtrer, consommer rapidement, 1 petit verre x 2 à 3 fois/j seulement pendant quelques jours.

- en SIROP d’ARMOISE : Prendre 60 g de sommités sèches d’Armoise, verser 500 ml (un demi-litre) d’eau bouillante, laisser infuser puis macérer pendant 12 heures ; filtrer le jus ; rajouter 700 g de sucre (coeff. 1,4) et porter à ébullition pendant 2 à 3 minutes ; embouteiller (Rapport final plante/sirop 1/20). Prendre 1 cuillère-à-soupe le matin, pour un effet stimulant. (DESCHAMPS d’AVALLON en 1842 proposait comme proportions Armoise séchée 76 g / Eau 530 ml / Sucre x coeff. 1,89 soit 1000 g pour aboutir, avec d’avantage de sucre, à un même rapport final entre la plante et le sirop de 1/20)

- l’HUILE ESSENTIELLE (HE ARMOISE) par prudence, n’est pas recommandée par voie interne (traces de thuyone toxique) ; à utiliser seulement par voie externe, incorporée dans de l’huile de massage (de l’ordre de 2 gouttes d’HE dans 1 cuillère-à-café d’huile de sésame) pour les muscles douloureux ou les rhumatismes.

CONTRINDICATION : l’Armoise est formellement contrindiquée chez la femme enceinte (risque de fausse-couche), et chez le jeune enfant.
Par ailleurs, toute la famille des armoises étant fortement sensibilisante, la prudence est requise chez les sujets allergiques.

 PHARMACOPEE FRANCAISE 

Liste A (ansm Janvier 2019)

 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 1) Bibliographie générale :

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Paul-Victor FOURNIER « Dictionnaire des Plantes médicinales et vénéneuses de France » 1947, ré-éd. 2010, p. 105-106

Gérard DUCERF « L’encyclopédie des Plantes bio-indicatrices » Vol 1 p.97

Jan VOLAK – Jiri STODOLA « Plantes médicinales » p. 85

Francis DEBAISIEUX « Plantes médicinales » p. 22

Loïc GIRRE « Les plantes et les médicaments » p. 118

Anne-Laure LALLOUETTE « Regards des médecins médiévaux sur la naissance » Histoire des Sciences médiévales, 2009, Tome XLIII, n°1, p. 61, Note 40. (en ligne sur www.biusante.parisdescartes.fr)

 2) Ouvrages anciens :

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Georges CUVIER, A. RICHARD, Pierre Auguste Joseph DRAPIEZ « Cours complet d’histoire naturelle médicale et pharmaceutique » 1835, Vol 2, p. 426

DESCHAMPS d’AVALLON « Traité des Saccharolés liquides et des méliolés » Paris, 1842, p. 39

M. BOUCHARDAT « Nouveau Formulaire magistral » 3° « éd. 1845, p. 163-164

François-Joseph CAZIN « Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes » 1868

 3) Articles scientifiques :

(articles classés par ordre chronologique, des plus anciens aux plus récents) :
en langue anglaise, l’Armoise commune est nommée « MUGWORT »

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 WEBOGRAPHIE

www.wikipedia.org
www.wikiphyto.org
www.doctissimo.fr
www.larodz.chez-alice.fr (Vincent RODZKO « Abécédaire de Phytothérapie »)
www.poivrecayenne.com
www.floranet.pagesperso-orange.fr
www.alternativesante.fr
www.mr-plante.com
www.aromatiques.fr


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