BIENFAITS des PLANTES MEDICINALES

MYRTILLE

jeudi 26 octobre 2017 par Dr Dom COQUERET

MYRTILLE

Vaccinium myrtillus L.

Article révisé et complété en Décembre 2019

Buissons de Myrtilles sur les Monts Lozère
48, Lozère

 Noms vernaculaires :

Myrtille sauvage, Myrtillier, Airelle-myrtille, Brimbelle (qui signifie « Bille noire » en Vosgien), Luce ou Lucet (en Bretagne, du breton « lus » : l’airelle), Bleuet ou Bluet (au Canada)
Dans le langage courant, le mot « myrtille » indique aussi bien l’arbrisseau et son fruit.
L’étymologie vient de « myrtus » par ressemblance avec le Myrte (un arbuste méditerranéen).

 BOTANIQUE

Famille des Ericacées

Sous-arbrisseau rampant de 30 à 50 cm, aux tiges vertes, anguleuses (triangulaires) ; aux feuilles petites, ovales et finement dentées, caduques devenant rouges à l’automne avant de tomber à l’entrée de l’hiver ;
Les fruits sont des baies arrondies de 6-10mm, d’abord vertes puis d’un beau bleu-noir à maturité, recouvertes d’une pruine (fin enduit blanchâtre), et contenant 5 loges de petites graines ; leur saveur est à la fois acidulée et sucrée.

Il existe d’autres variétés proches :
- la Myrtille des marais (Vaccinium uliginosum) appelée aussi « Airelle des marécages » se distingue par la chair blanche de son fruit, et ses moindres qualités nutritives
- sous le vocable de Bleuet ou « Bluet » existent 2 variétés de myrtilliers sauvages d’Amérique du Nord : Vaccinium myrtilloïdes et Vaccinium angustifolium
-  Vaccinium corymbosum est une variété de myrtillier cultivé pour son fruit à grosses baies, appelé également « Bleuet », mais de saveur moins prononcée.

 HABITAT

Originaire d’Eurasie, la Myrtille commune est répandue en Europe dans les montagnes granitiques aux altitudes de 900 à 2500m, dans le Morvan (au Haut Folin), dans les Vosges, en Ardèche, dans l’Aubrac, en Lozère…
La Myrtille des marais pousse dans les lieux humides marécageux et dans les tourbières.
En Amérique du Nord, les deux variétés de « Bleuet » Vaccinium myrtilloïdes et angustifolium) poussent à l’état sauvage, tandis que la variété à grosses baies, Vaccinium corymbosum, est cultivée dans le Maine et au Canada dans la province du Québec. Les québécois les appellent « Bleuet » ou « Bluet  ».
La Myrtille aime les sols siliceux acides des sous-bois clairs de feuillus, les anciennes tourbières asséchées, les terres de bruyère. Elle s’installe bien après un feu de forêt. La reforestation par des conifères nuit à sa pérennité.
Dans les endroits où les « Landes à Myrtilles  » sont entretenues traditionnellement pour être récoltées au peigne, les paysans sont contraints à l’arrachage des ronces, genêts et bruyères qui ont tendance à coloniser.

Myrtilliers dans les tourbières de Frasnes
25, Doubs

 USAGE MEDICINAL 

 1) Historique et usages traditionnels 

Les baies de myrtilles furent très vraisemblablement récoltées par les chasseurs-cueilleurs de la préhistoire, pour se nourrir ; et sans doute, déjà, les observations sur ses bénéfices en orientèrent-elles le recours à des fins médicinales particulières.

DIOSCORIDE, médecin et botaniste gréco-romain du 1° siècle de notre ère, la décrivait comme une plante astringente.

On sait de façon certaine que les myrtilles servirent à partir du X° siècle, pour « éclaircir la vue » (selon la médecine des signatures qui voyait dans la baie un petit globe oculaire), et pour arrêter les diarrhées, ; elles étaient utilisées même contre les dysenteries et le choléra.

 2) Composition & Pharmacologie 

Assez récemment seulement, ses bonnes propriétés furent rapportées aux anthocyanosides qu’elles renferment (0,5 à 0,7%) : cyanidine, malvidine, delphinidine…, pigments partagés avec les fruits rouges (airelles, cranberries, cassis, mûres, raisin, framboises, fruits du sureau…) et avec certaines fleurs. Leur action protectrice sur le système capillaro-veineux et sur le collagène de soutien des endothéliums a été rapporté à leur effet anti-oxydant :
ils « piègent les radicaux libres » qui sont des déchets provenant du métabolisme oxydatif ; ceux-ci sont toxiques pour les tissus, les endothéliums vasculaires, la fragile rétine, et les neurones. La Myrtille est l’un des fruits au plus fort pouvoir anti-oxydant (mesurable en unité ORAC).

Les anthocyanosides sont en fait des hétérosides de cyanidine.
Il a fallu 80 ans d’analyses chimiques (depuis les premiers travaux de WILLSTRÄTHER en 1915 à ceux de TAKEDA en 1983 et 2005) pour en connaître la structure et le rôle précis. Les pigments qui donnent la coloration allant du rouge au bleu-violet des fleurs et des fruits résultent de la polymérisation d’une anthocyane (la procyanine), de flavonoïdes, de sucres (glucosides) et de métaux (Fer et Magnésium) en présence de Calcium. Le résultat en est une macromolécule d’un millier d’atomes ! véritable réseau en « maille » qui diffracte le spectre de la lumière, et filtre les ultraviolets.

Dans la Myrtille, ce principal colorant des baies est composé de :
. delphinidines 15,17% (en % d’anthocyanines)
. cyanidines 8,36%
. pétunidines 6,64%
. malvidines 5,43%
. péonidines 1,87% (UPTON, 2001, cité in CHU, CHEUNG, LAU, BENZIE, Herbal Medicine, 2011).
Leur fonction dans la plante est :
. d’attirer les insectes pollinisateurs
. d’induire une tolérance au froid
. antimicrobienne
. et antioxydante pour ses propres tissus.

Ces taux peuvent varier selon les régions où les myrtilles sont récoltées. A titre d’exemple : dans des échantillons lituaniens, le taux d’anthocyanines allait de 0,264% à 0,399% ; parmi eux, l’anthocyane le plus important était la cyanidine (0,053 microg/mL), suivi de delphinidine et pétunidine (2,5 fois moindre), et enfin de malvidine et péonidine seulement en petites quantités (BURDULIS, 2007).
En Finlande, sur de nombreux échantillons récoltés, le taux moyen d’anthocyanines totales était de 2878 mg/100g de poids sec (soit presque 3%). Ils contenaient 15 sortes de glucosides d’anthocyanines, parmi lesquelles les delphinidines dominaient dans les échantillons de myrtilles récoltées dans le Nord du pays, alors les cyanidines dominaient dans ceux récoltés dans le Sud. C’est dire les importantes variations possibles selon le biotope (LÄTTI, 2008).
Si la cyanidine est la principale anthocyanidine de la Myrtille, la malvidine est la principale chez le « Bleuet » cultivé (Vaccinium corymbosum) (BURDULIS, 2009).
Ils sont hydrosolubles, et de ce fait très bien absorbés par l’organisme humain. Leur métabolisme est maintenant bien connu (PRIOR, 2006).

Les autres composants de la Myrtille sont :
- de la Vitamine C, ce qui en fait un bon antiscorbutique
- des flavonoïdes (quercétol et kaempférol) également antioxydants
- des polyphénols qui renforcent la perméabilité capillaire
- des oligosaccharides, de saveur sucrée
- des acides : malique, citrique, quinique
- des tanins catéchiques
- des iridoïdes (développés seulement à la croissance de la plante)
- des alcaloïdes quinolizidiques (myrtine…)
- et des oligo-éléments : Cr, Cu, Mg, Mn, Zn

Et dans les baies des Bleuets (Vaccinium corymbosum), a été trouvé en petite quantité du Ptérostilbène (un Stilbénoïde).

Les très intéressantes propriétés pharmacologiques des Anthocyanosides de la Myrtille (qui valent aussi pour les autres baies bleues, violacées, ou pourpres, qui en contiennent, comme : airelle, cranberry ou canneberge, cassis, framboise, baies de sureau...) sont multiples :
- tout d’abord Antioxydantes  : avec un haut taux de 300-700mg/100g de baies fraîches ; taux qui varie selon l’altitude, les conditions du biotope, l’intensité des ultraviolets, et la maturité des fruits.
Cet effet antioxydant puissant sur les endothéliums vasculaires et les fibres de collagène du tissu conjonctif, est ce qui fonde son pouvoir préventif des maladies cardiovasculaires, retarde le vieillissement tissulaire, et engendre ses bénéfices sur la rétine. Par ailleurs, des travaux récents ont démontré que cet effet antioxydant est protecteur de l’ADN : il assure donc une « génoprotection » permettant de conserver l’intégrité du génome.

- ils sont antibactériens, actifs sur de nombreuses souches bactériennes ; les fruits et les feuilles de Myrtille sont particulièrement actives sur les « uropathogènes », c’est-à-dire sur les germes fréquemment responsables d’infections urinaires : Escherichia Coli, Proteus, et Enterococcus faecalis (VUCIC, 2013) . Cette action est donc à rapprocher de celle, bien connue, du cranberry ou « canneberge », une autre éricacée, sur ces mêmes infections.
Par ailleurs, on sait qu’un certain nombre de bactéries s’attachent aux épithéliums (respiratoires ou urinaires) par des « pili », ce qui correspond à la première étape du processus infectieux. Une équipe finlandaise a montré que des jus de Myrtille, de Cranberry, ou d’autres baies, avaient le pouvoir de détacher les méningocoques (Neisseria meningitidis) des cellules épithéliales ; avec un pouvoir d’anti-adhésion de 63% pour la Myrtille, et 75% pour la Cranberry (TOIVANEN, 2011). La même équipe a montré la même propriété anti-adhésive de plusieurs éricacées : du Cranberry (ou Canneberge, Vaccinium oxycoccos L.), de la Myrtille (Vaccinium myrtillus L.) et du Crowberry (ou Camarine noire, Empetrum nigrum L.) sur le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae), réduisant ainsi le risque infectieux au niveau de la muqueuse bronchique (HUTTUNEN, 2011).

- ils sont anti-inflammatoires par plusieurs voies : d’inhibition de la cyclo-oxygénase (COX2), des cytokines (KARLSEN, 2007), et de l’inhibition du TNF-alpha, des interleukines...(LUO, 2014).
Une étude clinique humaine a été menée en Norvège sur 120 adultes en bonne santé (hommes et femmes âgés de 40 à 74 ans) supplémentés en anthocyanines de Myrtille et Cassis ; il a été observé une inhibition notable de plusieurs facteurs pro-inflammatoires (le Nuclear-Factor-kappaB, ainsi que des cytokines comme les interleukines IL-4 et IL-13). Myrtille et Cassis sont des fruits bénéfiques pour réduire ou prévenir les pathologies inflammatoires chroniques.

- ils abaissent le cholestérol, notamment le LDL-Cholestérol qui est délétère sur les parois artériels. Une étude clinique, en double-aveugle versus placebo, chez 120 patients dyslipidémiques, traités par 160mg d’anthocyanine x 3 fois par jour pendant 12 semaines, étaient notées une amélioration du HDL-cholestérol de + 13,7% et une diminution du LDL-cholestérol de – 13,6% tout à fait favorables (QIN, 2009)
Ces résultats sont confortés par d’autres études cliniques, comme celle récentes chez 58 patients également diabétiques ; avec administration orale de 160 mg d’anthocyanine x 3 fois /j pendant 24 semaines ; cette étude randomisée, en double-aveugle, versus placebo, a montré :
. une amélioration du HDL-cholestérol de + 19,4%
. une réduction du LDL-cholestérol de – 7,9%
. une réduction des triglycérides de – 23%
. une réduction de la glycémie de – 8,5%
. une réduction de l’index de résistance à l’insuline de – 13%
. ainsi qu’une augmentation du taux sérique d’adiponectine de 23,4% (LI, 2015)

- ils sont hypoglycémiants et améliorent la sensibilité à l’insuline  ; ce qui a été démontré aussi bien par des études expérimentales chez l’animal (TAKIKAWA, 2010) qu’au cours d’études cliniques humaines menées en Italie (CICERO, 2004). Le mécanisme d’action antidiabétique réside dans une inhibition franche de l’enzyme alpha-amylase, et plus modérée de l’alpha-glucosidase (GÜDER, 2015).

- ils réduiraient l’obésité en réduisant l’absorption digestive des lipides, et en re-sensibilisant les récepteurs à l’insuline.
Ils se dégage de l’ensemble de ces propriétés un intérêt particulier dans le Diabète de type 2 et dans le « Syndrome métabolique » où sont associés : insulinorésistance, dyslipidémie, inflammation, et activation plaquettaire... (TAKIKAWA, 2009)
Dans l’obésité, les anthocyanes ont fait la preuve in vivo chez l’animal d’un potentiel significatif anti-obésité en améliorant la fonction adipocytaire (en augmentant la sécrétion d’adipocytokines : adiponectine et leptine) (TSUDA, 2004 et 2008)

- Dans le domaine cardio-vasculaire, ils ont un effet tensionnel favorable, en inhibant l’enzyme de conversion de l’angiotensine (comme le font les médicaments IEC = inhibiteurs de l’enzyme de conversion) (PERSSON, 2009).
Ils ont un effet anti-agrégant plaquettaire qui fait réduire le risque thrombotique.
Ces deux actions favorables (hypotensionnelle et anti-agrégante plaquettaire) pourraient bien expliquer les observations bénéfiques au niveau préventif cardiaque. En effet, une intéressante étude clinique a été menée sur une « cohorte » de 93.600 femmes (infirmières) âgées de 25 à 42 ans, suivies pendant 18 ans, avec une évaluation de leurs apports alimentaires en flavonoïdes et en anthocyanes. 405 cas d’infarctus du myocarde sont survenus pendant la durée de l’étude. Mais en finalité, la tranche de celles ayant absorbé dans leur régime habituel la plus haute valeur d’anthocyanes a vu une réduction de 32% du risque d’infarctus myocardique. Le bénéfice était moindre pour celles ayant consommées d’autres types de flavonoïdes (CASSIDY, 2013).

- la Myrtille est bénéfique pour l’œil et la vision. De nombreux travaux scientifiques ont été consacrés à ce domaine thérapeutique.
Pendant la guerre 1939-45, des études cliniques réalisées sur des pilotes d’avion de la Royal Air Force ont été dans le sens d’une amélioration de la vision nocturne. On a donc vanté des cures prolongées de Myrtille, en fruits frais, en confitures, ou en extraits, pour améliorer l’épithélium pigmentaire. Des études ultérieures menées en double-aveugle n’ont pas été concluantes sur la vision nocturne (LEVY, 1998) et (ZADOK, 1999).
Par contre, son action bénéfique rétinienne semble bien confortée par l’effet protecteur des anthocyanosides sur le tissu conjonctif rétinien, et l’endothélium des capillaires. Particulièrement chez le diabétique, les anthocyanes peuvent freiner la rétinopathie diabétique (GHOSH, 2007).
Son action préventive sur la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) est à l’étude.
Par ailleurs, les anthocyanosides de la Myrtille ont fait la preuve (in vivo chez l’animal) d’une neuroprotection rétinienne contre les dommages oxydatifs induits ; ils protègent les cellules ganglionnaires rétiniennes (MATSUNAGA, 2009). Dans un modèle expérimental d’inflammation oculaire chez la souris, les anthocyanes de Myrtille protègent des altérations induites par le processus inflammatoire au niveau des cellules photoréceptrices rétiniennes. Parmi les mécanismes protecteurs : une inhibition de l’activation du nuclear-facteur (NF-kappaB) (MIYAKE, 2012).
Une étude clinique (randomisée, double-aveugle, versus placebo) dans la myopie avec asthénopie, a conclu en une amélioration visuelle subjective et de la sensibilité de contraste objective chez 73,3% des 30 patients traités (LEE, 2005).
Dans le glaucome, une seule étude clinique sur 15 patients a montré une légère amélioration de la Tioc (tension intra-oculaire), qui résulterait d’une stabilisation des lésions du collagène du filtre trabéculaire, amenant une meilleure résorption de l’humeur aqueuse (CASELI, 1985)
Dans la cataracte, une étude clinique menée avec l’administration orale d’extraits de Myrtille associés à de la Vitamine E, a conclu en une stabilisation chez 97% des patients (BRAVETTI, 1989)

- enfin, comme bien d’autres polyphénols, les anthocyanosides de la Myrtille se sont avérés posséder in vitro des propriétés anti-prolifératives sur de nombreux cancers. Plusieurs mécanismes se conjuguent :
Cette action anti-proliférative se fait via les protéines de régulation du cycle cellulaire, et de façon ciblée sur les cellules cancéreuses bien plus que sur les cellules normales.
L’inhibition de la tumorogenèse de fait en bloquant la voie du MARK (mitogen-activated protein kinase).
Les anthocyanosides induisent aussi une induction de l’apoptose (c’est-à-dire de la mort cellulaire programmée) des cellules cancéreuses, sans affecter les cellules saines. Parmi 10 baies comestibles, les extraits de Myrtille se sont avérés les plus efficaces pour inhiber la croissance de cellules de leucémie humaine, en induisant leur apoptose ; mais seule la delphinidine purifiée était capable d’inhiber la croissance de cellules de cancer colique (KATSUBE, 2003).
Des rats nourris avec des extraits riches en anthocyanines ont une réduction des biomarqueurs de cancer du colon (LALA, 2006).
Ils réduisent les protéines de l’inflammation (qui jouent un rôle dans le déclenchement de la cancérogenèse).
Ils ont un effet « anti-angiogenèse » c’est-à-dire bloquant la formation de néo-vaisseaux ; en bloquant notamment le TNF-alpha (tumor necrosis factor alpha) et des facteurs de croissance de l’endothélium vasculaire (VEGF) qui stimulent la genèse de nouveaux vaisseaux grâce auxquels les tumeurs assurent leurs dissémination loco-régionale et métastatique.
Enfin, ils ont une action « anti-invasivité », en bloquant les enzymes protéases qui permettent aux cellules malignes le franchissement des membranes basales et l’effraction des capsules des organes (WANG, STONER, 2008).
On ne dispose malheureusement que de très rares études cliniques. L’une d’elles porta sur 25 patients traités en pré-opératoire de cancer colo-rectal avec un extrait concentré de myrtille Mirtocyan entre 0,5 et 2 g/j pendant 7 jours ; l’analyse immunohistologique comparée sur les biopsies réalisées en pré et post-opératoire montrait une réduction de la prolifération tumorale de – 7% (THOMASSET, 2009)

Quant au Ptérostilbène, il fait partie des composants Stilbénoïdes avec le Resvératrol (extrait, lui, des pépins de raisin) ; leurs structures chimiques sont très proches, et ils partagent des propriétés communes. Le Ptérostilbène a été découvert dans la sève d’un arbre indien, le Kino (Pterocarpus marsupium) qui pousse sur la côte de Malabar en Inde, et à Ceylan. Cette sève, obtenue par incision de l’arbre, est un remède Ayurvédique.
A cause de ses groupements méthyles, il est mieux assimilé par le tube digestif que le Resvératrol, et donc plus biodisponible. C’est un remarquable anti-oxydant, ayant d’intéressantes propriétés protectrices métaboliques (il entrave l’oxydation des lipides et prévient le diabète), cardio-vasculaires, neurologiques ; également préventif de cancérogenèse, avec notamment une action comparable au Tamoxifène dans le cancer du sein.
Les 2 Stilbénoïdes : le Resvératrol (présent dans le Raisin et les Mûres), et le Ptérostilbène (extrait de la Myrtille « Bluet » ) ont aussi une action synergique avec la forme active de la Vitamine D (1 alpha, 25-dihydroxyvitamine D3) sur le gène CAMP (Cathelicidin anti-microbial peptide) qui, dans les macrophages et les kéranocytes, est impliqué dans la « réponse immunitaire contre les infections » (GUO, 2014).

Myrtilliers au bord du Tarn
Pont de Montvert
48, Lozère

 3) INDICATIONS THERAPEUTIQUES de la MYRTILLE 

C’est la synergie de ces substances qui concourt à ses bienfaits :
=> la Myrtille est un protecteur rétinien. Elle protège la microcirculation si fragile de la rétine contre le stress oxydatif, prévient la microangiopathie diabétique et la dégénérescence maculaire (ou DMLA).

=> elle est antiscorbutique par sa richesse en vitamine C.

=> veinotonique, elle améliore la circulation veineuse, soulage les jambes lourdes, varices, et hémorroïdes ; elle est surtout capillaroprotectrice (comme le Ruscus aculeatus ou PETIT HOUX, et l’HAMAMELIS)

=> astringente, par ses tanins ; alors que les baies fraiches sont laxatives, les baies séchées sont un excellent anti-diarrhéique

=> la plante totale est anti-infectieuse urinaire et intestinale, en particulier vis à vis du colibacille (Escherichia coli) dont elle inhibe l’adhésion aux parois vésicales (propriété partagée avec l’AIRELLE ROUGE Vaccinium vitis idaea, le CRANBERRY ou CANNEBERGE, et l’Arctostaphylos UVA-URSI ou BUSSEROLE, tous trois des arbrisseaux à baies de la même famille des Ericacées) : tous indiqués dans les cystites.

=> La Myrtille, comme tous les baies à fruits rouges et le vin rouge, contenant des anthocyanes, est considérée comme vasculoprotectrice et utile dans la prévention des maladies cardiovasculaires. En protégeant l’endothélium vasculaire, par son léger effet favorable sur la tension, en réduisant l’hypercholestérolémie LDL, la glycémie et l’insulinorésistance, ainsi que l’agrégabilité plaquettaire, c’est un ensemble de facteurs de risques dont la réduction assure une prévention des accidents cardiaques ou de complications artérielles (MAZZA, 2007).

=> les feuilles sont anti-diabétiques, en partie à cause de sa forte teneur en chrome, réduisent les poussées d’hyperglycémie dans le diabète de type II lié à l’obésité ; et en même temps préventive de l’angiopathie diabétique. (Note : une surveillance médicale stricte et l’adhésion au traitement spécifique antidiabétique restent impératives, même en cas de traitement naturel complémentaire).

La Myrtille est également indiquée pour freiner l’évolution du « Syndrome métabolique  » (qui associe dyslipidémie, résistance à l’insuline, et prédisposition à l’obésité).

=> soulage les inflammations buccales (aphtes) comme la RONCE.

=> enfin, la Myrtille, comme d’autres fruits rouges, riches en anthocyanes et autres flavonoïdes, aurait un effet préventif sur le cancer  ; par des effets conjugués : génoprotecteur, inhibiteur de la tumorogenèse, puis anti-angiogénique (qui réduirait la formation de néo-vaisseaux dans les tumeurs), et en freinant la diffusion des cellules cancéreuses, selon les travaux du Pr Richard BELIVEAU (au Québec).
En outre, au décours d’une chimiothérapie anticancéreuse, les anthocyanes de fruits rouges potentialisent l’action antiproliférative, tout en ayant un effet protecteur sur l’organisme contre la toxicité des drogues administrées (SEERAM, 2008).

 USAGE CULINAIRE et INTERÊT pour la SANTE 

Les baies de myrtille sont très appréciées pour confectionner des jus de fruits, des sirops, des confitures, des tartes à la myrtille (un vrai délice !), des yaourts, du vin de myrtille…
Une consommation régulière de Myrtille et d’autres fruits rouges assurent un apport suffisant d’anthocyanes et de flavonoïdes pour induire, par leurs propriétés anti-oxydantes, de larges bénéfices pour la santé : dans la protection des endothéliums vasculaires, la protection microvasculaire rétinienne, la prévention de la sénescence tissulaire, des risques cardiovasculaires, et du syndrome métabolique. (PRIOR, 2006), (SEERAM, 2008), (MANGANARIS, 2014)...
Régulièrement consommées, avec d’autres fruits rouges (cassis, mûres, framboises…), du vin rouge (Bio), et certains légumes et fruits comme les brocolis, les tomates… elles rentrent dans le meilleur régime de prévention du cancer pour prévenir la survenue de foyers de cancérogenèse.

 USAGE TINCTORIAL

Le jus a servi de colorant végétal pour teindre des tissus. A l’époque romaine, on en teignait en rouge-violet les tuniques des gens du peuple et des esclaves (parfois aussi avec du LIERRE ou du GENEVRIER) tandis que les toges pourpres des aristocrates l’étaient avec le pourpre du murex, un coquillage très coûteux.

 RECOLTE

Elle se fait à partir de la mi-Juillet jusqu’en Août.
Attention : sa cueillette est réglementée sur les communes où elle constitue un apport de revenus complémentaires pour les paysans qui les vendent aux restaurateurs ou à l’industrie alimentaire. L’usage des peignes leur est réservé.
Attention : toute cueillette de plantes basses (au-dessous de 30-40 cm) expose au risque d’échinococcose alvéolaire, une maladie parasitaire transmise par les déjections des renards et des chiens, rare mais grave : avec le développement lent sur des années, retardé, d’une hépatite parasitaire dont le traitement est difficile. La cuisson des baies détruit le parasite, mais pas la congélation des fruits frais. Cuire les baies ou le jus est donc très recommandé.

 EMPLOI MEDICINAL et POSOLOGIE

- en INFUSION ou DECOCTION des rameaux (tiges et feuilles) 30-60 g/Litre, (ou 10 g par tasse de 150 ml), porter à ébullition pendant 10 mn, filtrer, boire 4 à 6 tasses /j , dans les infections urinaires à colibacille
- en GELULE : par exemple : ARKOGELULE BAIE et ARKOGELULE FEUILLES 3-4/j
- en TEINTURE MERE : VACCINIUM MYRTILLUS TM 50 à 100 gouttes x 3 fois/j dans les cystites
- en COMPRIMES : il existe une spécialité pharmaceutique DIFRAREL ® dont deux formes sont commercialisées :
. le DIFRAREL 100 ® (dosé à 100mg d’extrait anthocyanosidique de Myrtille et associé à 5 mg de bêta-carotène qui améliore la vision) dont les indications sont : la fragilité capillaire, l’insuffisance veino-lymphatique, et comme protecteur de la microcirculation rétinienne ; posologie habituelle : 3 cp/j.
. et le DIFRAREL E ® (qui associe 50 mg d’extrait anthocyanisidique de Myrtille et 50 mg d’alpha-tocophérol) indiqué dans l’héméralopie (déficience de la vision mésopique et scotopique) et la myopie. posologie : 3 à 6 cp/j.

 PHARMACOPEE FRANÇAISE 

Liste A (ansm, Janvier 2019)

un Myrtillier des marais
Tourbières de Frasnes
25, Doubs

 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 1) Bibliographie générale 

Paul-Victor FOURNIER « Dictionnaire des Plantes médicinales et vénéneuses de France » 1947, ré-éd. 2010, p. 363-366
Jan VOLAK- Jiri STODOLA « Plantes médicinales » p. 259
Pr J-P CHAUMONT - Dr J-M MOREL « Se soigner avec les plantes de Bourgogne » p. 158-159
Ernest SMALL – Paul M. CATLING « Les cultures médicinales canadiennes », 2000, p. 205-210
A-M BOTTICELLI – Cl. CAGNOLA « Les plantes médicinales » p. 42,52,82,91
Clotilde BOISVERT « Plantes et remèdes naturels » p. 365-367
Annie-Jeanne et Bernard BERTRAND « Saveurs de fruits sauvages » p. 166-171
Joanne BARNES, Linda A. ANDERSON, J. David PHILLIPSON « Herbal Medicines » 3° Ed. 2007, London, Pharmaceutical Press P. 79-83

 2) Ouvrages anciens 

François Victor MERAT, Adrien Jacques DE LENS « Dictionnaire universel de Matière Médicale et de Thérapeutique Générale » Bruxelles, 1837, Vol 4, p. 430-431

 3) Articles scientifiques 

(classés par ordre chronologique, des plus anciens aux plus récents) :
en langue anglaise, la Myrtille sauvage est nommée BILBERRY,
et au Canada, le Bluet cultivé est nommé BLUEBERRY.

LEVY Y, GLOVINSKY Y « The effect of anthocyanosides on night vision » Eye (Lond.) 1998 ; 12 (Pt6) : 967-9 (Tel Aviv University, Israël)

ZADOK D, LEVY Y, GLOVINSKY Y « The effect of anthocyanosides in a multiple oral dose on night vision » Eye (Lond) 1999 Dec ; 13(Pt 6) : 734-36 (Tel Aviv University, Israël)

UPTON R « Bilberry Fruit Vaccinium myrtillus L. Standards of Analysis, Quality Control, and Therapeutics » Santa Cruz, CA : American Herbal Pharmacopoeia and Therapeutic Compendium, 2001.

Anonyme : « MONOGRAPH vaccinium myrtillus (Bilberry) » Alternative Medicine Review 2001 ; 6 (5) : 500-504

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