BIENFAITS des PLANTES MEDICINALES

PASSIFLORE

lundi 23 avril 2018 par Dr Dom COQUERET

PASSIFLORE

Passiflora incarnata L.

Merveilleuse Fleur de la Passion
dans le jardin d’EL-Dom
à AUXERRE, 89, YONNE

 Noms vernaculaires :

Passiflore officinale, Fleur de la Passion, Grenadille, Liane de Grenade
(Grenadille vient de l’espagnol « granadilla » ou « petite grenade », nom donné au fruit de la Passiflore ; et « Liane de Grenade » était le nom acadien, en Louisiane)

 BOTANIQUE

Famille des Passifloracées
Plante pérenne, la Passiflore est une liane dont les tiges lignifiées et grimpantes peuvent atteindre plusieurs mètres. Elle s’enracine par un rhizome aux racines étendues. Les feuilles sont alternes, pétiolées et caduques, divisées en 3 lobes aigus lancéolés. Des vrilles aux aisselles des feuilles lui permettent de s’agripper.
Les fleurs sont remarquables par la beauté des couleurs et la structure de ses organes : la fleur forme une couronne de 5-6 cm de diamètre, porte 3 bractées, un calice de 5 sépales pétaloïdes et une corolle de 5 pétales, donnant l’impression d’une corolle de 10 pétales blancs dont la base sur certaines variétés est violacée ; celle-ci est surmontée, en couronne, d’une double-rangée de filaments floraux bicolores (blanc et pourpre pour l’incarnata) ou tricolores (violet foncé, blanc, et bleu-azur ou violacé pour la caerulea) ; cet ensemble floral se déploie autour d’une colonne centrale « androgynophore » qui porte l’ovaire et le pistil, constitués de 5 anthères jaunes et d’un style à 3 stigmates.
Le fruit est ovoïde, ressemble à un « citron » de 5-6 cm, vert puis jaune-orangé en mûrissant ; qui contient une pulpe, et de nombreuses graines noires.

Il existe plus de 500 variétés de Passiflores, dont la « caerulea » aimée des jardiniers pour sa couleur bleue-azur, et de nombreux cultivars pour les jardins ; l’ « incarnata  » qui est l’officinale fut découverte dans l’Empire Aztèque (dans l’actuel Mexique) ; la variété « edulis » native d’Amérique du Sud (au Brésil, Pérou, Bolivie…) y est cultivée maintenant pour ses fruits.

Passiflore sur l’ Île de NOIRMOUTIER
à L’EPINE (85, VENDEE)

 HABITAT

Native de l’Ancien Monde où elle est sauvage, la PASSIFLORE croît en régions tropicales : en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, et dans les régions méridionales de l’Amérique du Nord (Delta du Mississsipi). Elle a ensuite été acclimatée en Californie, en Australie, et en Europe : à partir de l’Espagne, sur le pourtour méditerranéen. Elle se plait aussi dans les jardins des contrées littorales atlantiques où il gèle peu.

 USAGE MEDICINAL 

 1) Historique et usages traditionnels 

La PASSIFLORE était connue des Amérindiens qui en consommaient les fruits, et se soignaient avec la plante. Les Huma faisaient infuser la racine pour fortifier le sang ; les cherokee l’utilisaient pour le sevrage des bébés. Les feuilles étaient appliquées en cataplasmes sur les contusions et les blessures.

Les conquistadors découvrirent la plante en conquérant le Mexique et le Pérou. Les missionnaires en voyant sa fleur magnifique virent en elle les symboles de la Passion du Christ lors de sa Crucifixion : la couronne de filaments représentait la couronne d’épines, les 3 stigmates les 3 clous, les 5 anthères les 5 plaies du CHRIST, les 10 pétales le groupe des apôtres, les feuilles pointues la lance de LONGIN… Pour cette raison, la plante fut appelée « Flos passionis » c’est-à-dire Fleur de la Passion, puis « Passi-flora ».

La première mention du fruit sous le nom de « granadilla » qui signifie « petite grenade » fut faite par Piedro CIEZA de LEON, conquistador espagnol, de retour de Carthagène-des-Indes (Colombie) et du Pérou dans sa « Chronique du Pérou » en 1553 ; et c’est à la fin du XVI° siècle que le médecin espagnol Nicolas MONARDES, de Séville, décrivit la plante dont on lui avait ramené des spécimens, dans son ouvrage botanique « Historia medicinal ».

La Passiflore fit son entrée dans la médecine américaine en 1840 grâce aux travaux du Dr L. PHARES, du Mississipi. Puis, elle fut popularisée par le Pr I.J.M GOSS d’Atlanta en Virginie. En 1867, PHARES l’indique dans le « tétanus » du jeune enfant. En 1897, BULLINGTON remarque son action dans l’épilepsie et dans diverses manifestations cliniques qualifiées de « névroses » : insomnie, manifestations hystériques, terreurs nocturnes des enfants, somnambulisme… Au début du XX° siècle, des expérimentations cliniques, notamment de STAPLETON en 1904, démontrent l’effet favorable de la plante sur l’excitation nerveuse, l’agitation, l’incapacité de rester tranquile, l’insomnie où le patient reste « en éveil », l’inquiétude, l’anxiété, les troubles nerveux rattachés à la neurasthénie, les troubles du sommeil liés aux périodes menstruelles, et ceux liés à l’alcoolisme chronique.

Le phytothérapeute Henri LECLERC confirmera en 1920 toutes ces propriétés mentionnées par ses collègues américains. Il précise l’action tranquillisante de la Passiflore sur les angoisses, et rajoute à partir de ses propres observations l’intérêt à utiliser la plante dans : les insomnies post-traumatiques des soldats blessés lors de la guerre 14-18 ; les troubles nerveux climatériques (accompagnant les ménopauses difficiles) ; et les insomnies post-grippales.

 2) Composition & Pharmacologie

- La grande majorité des phytoconstituants de la PASSIFLORE est représentée par son contenu en Flavonoïdes, principalement des composants glucosidiques d’Apigénine et de Lutéoline (PATEL, 2009) :
. Vitexine et Isovitexine
. Orientine et Iso-orientine
. Vicénine
. Saponarine
. Chrysine (une benzoflavone)
. Shaftoside et Isoshaftoside
. Swertisine
Ces hétérosides de flavones (vitexine et isovitexine, isoorientine, schaftoside, vicénine) assurent des actions multiples : anti-oxydantes, anti-inflammatoires… La Vitexine en particulier, qui est un hétéroside d’Apigénine ( retrouvée aussi dans l’AUBEPINE, le GATTILIER, la SALICAIRE, l’ACHILLEE MILLEFEUILLE, le DESMODIUM…), est un puissant anti-oxydant. Certains de ces flavones seraient antispasmodiques.

La Chrysine est une flavone qui est un inhibiteur d’aromatase ; anti-inflammatoire par inhibition da la Cyclo-oxygénase COX-2 via l’interleukine IL-6 ; elle est anxiolytique chez le rat à la dose d’ 1mg/kg en agissant sur le récepteur GABA aux benzodiazépines (ZANOLI, 2000). L’effet anxiolytique de la Chrysine a été confirmé chez le rat à la posologie de 2mg/kg (BROWN, 2007).

- Parmi les composants majeurs pour leurs effets thérapeutiques, il y a aussi des alcaloïdes indoliques, notamment des bêta-carbolines, qui sont :
. Harmane
. Harmol
. Harmine
. Harmalol
. Harmaline
Le plus important semble être l’Harmane qui a une action IMAO (c’est-à-dire qu’elle antagonise l’enzyme mono-amine oxydase chargée de dégrader certains neuromédiateurs cérébraux, dont la sérotonine). Il s’en suit un relèvement du taux de sérotonine dans les fentes synaptiques (inter-neuronales). La sérotonine est reconnue comme un stimulant thymique et un régulateur de l’anxiété. Le problème est que l’Harmane n’existe qu’à l’état de trace dans la plante (de 0,01%-0,03% selon les sources) et qu’il existe un doute sur l’imputabilité de cette substance relative aux effets cliniques (INGALE, 2010).
Quoi qu’il en soit, s’il n’a pas été constaté d’effet antidépresseur propre de la plante, une action régulatrice de l’anxiété est hautement probable. Par ailleurs, l’Harmane a une analogie avec des alcaloïdes connus dans une autre liane d’Amazonie, l’Ayahuasca, qui a des effets de stimulation du système nerveux central.

- Autres composants :
. des carbohydrates (sucres)
. du Maltol : un dérivé de pyrone, dont des travaux expérimentaux sur l’animal ont montré un effet sédatif, une réduction de l’activité motrice, et une action antispasmodique et anticonvulsivante, avec diminution du tonus musculaire (équipe japonaise d’AOYAGI, KIMURA, MURATA, 1974) ; toutefois, sa faible concentration à 0,05% dans la plante laisse planer un doute sur sa responsabilité thérapeutique réelle.

- une Huile Essentielle (HE) (1ml / Kg de plante) contenant :
. Alcool benzylique
. Linalol
. Carvone
. Trans-anéthole
. Eugénol
. Iso-eugénol...
. et des substances odorantes (responsable du parfum de la Passiflore) :
. Limonène
. Cubène
. Alpha-pinène
. Prézizaène
. Zizaène
. Zizanène

- de la Gynocardine, un glycoside cyanogénétique.

- des Coumarines :
Oxycoumarine, qui diminue l’excitabilité du système nerveux ;
Umbelliférone (très présente chez les ombellifères, elle absorbe les ultraviolets et renvoie de la lumière bleue)
et Scopolétine (qui dans l’enveloppe des graines, inhibe la germination)

- de la Vitamine C

- des Acides gras (acides linoléique, linolénique, oléique et palmitique), ainsi que des acides organiques (acides formique, butyrique, malique, myristique...)

- 21 acides aminés, et parmi eux une quantité notable de GABA (acide gamma-aminobutyrique)

- et dans les graines : de l’acide cyanhydrique (comme dans beaucoup de noyaux et de graines) dont la toxicité fait recommander de ne pas consommer les graines.

Les études pharmacologiques menées avec des extraits de PASSIFLORA Incarnata sont assez récentes :
Dès la fin du XX° siècle, on avait vérifié expérimentalement chez la souris que les extraits hydro-alcooliques de Passiflora incarnata (contenant les alcaloïdes indoliques, les dérivés flavonoïdes et le Maltol) étaient anxiolytiques à la posologie de 400mg/kg ; et que les extraits aqueux à la même posologie avaient une propriété sédative (SOULIMANI, 1997).
Découverte au début du XXI° siècle dans la plante, une Benzoflavone (la 6-7 dihydroxyflavone) se comporte comme un ligand aux récepteurs cérébraux des benzodiazépines. Cette substance pourrait bien être la substance-clé de l’action anxiolytique de la PASSIFLORE.

En 2002, le Dr DHAWAN avec son équipe indienne eut l’idée de tester, en expérimentation animale chez la souris, l’effet d’extraits de PASSIFLORA sur la dépendance au THC (Tétrahydrocannabinol) : les résultats furent positifs. Il existe une atténuation de l’anxiété liée au syndrome de sevrage au cannabis, qui pourrait être transposable aux utilisateurs humains (DHAWAN, 2002, a).
En outre, cette substance (en expérimentation animale) préviendrait aussi au niveau cérébral le syndrome de manque à d’autres toxiques comme la nicotine (DHAWAN, 2002, b), à l’alcool (DHAWAN, 2002, c), et peut-être aussi les opiacés.

Enfin, en 2007, le Dr NASSIRI-ASL et son équipe, de l’Université Qazvin en Iran, ont démontré sur l’animal (souris) l’effet anticonvulsivant des parties aériennes de la PASSIFLORE. Cet effet anticonvulsivant sur la souris a été confirmé (ELSAS, 2010), et passerait par une régulation du récepteur GABA A. La Passiflore protège des crises d’épilepsie induites chez l’animal, et améliore aussi la « dépression post-ictale » (immobilité post-critique) qui s’en suit (dépression qu’aggrave le traitement de référence par le diazepam) (SINGH, 2012).

Toujours expérimentalement in vivo chez la souris, un effet anxiolytique est exercé à la posologie de 375 mg/Kg, comparable au diazepam (une benzodiazépique de référence, à 1,5mg/kg). Cet effet est médié par les récepteurs au GABA (GRUNDMANN, 2008).

Selon de récents travaux, les nombreuses propriétés de PASSIFLORA incarnata (action sur l’anxiété généralisée, intérêt dans le sevrage aux opiacés, insomnies, névralgies, convulsions, asthme spastique, hypertension artérielle, troubles nerveux ménopausiques...) passeraient effectivement par une régulation des récepteurs GABA A et B (APPEL, 2011).

Enfin, les plus récentes recherches en neurosciences montrent expérimentalement, en administration intra-péritonéale chez le rat à la dose de 500mg/kg d’extrait de Passiflora incarnata : un allongement du temps de sommeil, corrélé à une augmentation du sommeil lent profond à l’EEG (électro-encéphalogramme). Les auteurs concluent que la Passiflore possède bien un effet inducteur du sommeil (GUERRERO, 2017).

Par ailleurs, le sevrage d’alcool chez le rat provoque une élévation du seuil de nociception, qui est inversée par l’administration de Passiflore (P. incarnata). Cette propriété pourrait être utilisée avec bénéfice dans le syndrome de manque lors du sevrage d’alcool chez l’homme (SCHUNCK, 2017).

La combinaison de Passiflora alata (une Passiflore brésilienne) et de Valériane, en expérimentation animale, exerce une action anxiolytique à faible dose, et sédative à plus forte dose, mais sans atteinte mnésique (contrairement au diazepam, une benzodizépine, qui entraine des effets amnésiants) (SLOMP JUNIOR, 2010).

Sur des modèles pharmacologiques expérimentaux en laboratoire, il a été démontré un effet synergique de la PASSIFLORE sur l’action antidépressive du MILLEPERTUIS (permettant de réduire les doses de ce dernier) (FIEBICH, 2011). Cet effet synergique pourrait être dû à la fraction contenant les alcaloides indoliques (Harmane, Harmol, Harmine, Harmalol et Harmaline) qui relèvent le taux de sérotonine, un neurotransmetteur cérébral dont la baisse est très impliquée dans les syndromes dépressifs (HAMID, 2017).

Ajoutons que des propriétés particulières ont encore été attribuées à des espèces proches ; ainsi :
- Passiflora edulis (en Amérique du Sud) en plus d’être anxiolytique comme P. Incarnata, est aussi anti-oxydante puissante, antibactérienne, anti-inflammatoire, et cytotoxique.
- Passiflora nepalensis (en Asie) est vasorelaxante et utilisée comme anti-hypertenseur (PATEL, 2010).
- et Passiflora quadrangularis est anthelminthique, anti-bronchitique, prescrite dans l’asthme et la toux (INGALE, 2010).

Peu d’études cliniques humaines ont été faites pour valider « scientifiquement » les observations cliniques faites empiriquement, ou expérimentalement chez l’animal.
Citons toutefois quelques études récentes qui méritent notre intérêt :
- Les travaux cliniques du Dr AKHONDZADEH et de ses collègues iraniens, publiés en 2001. Une première étude en double-aveugle sur 38 patients souffrant d’anxiété généralisée, la moitié traitée avec un extrait de PASSIFLORE (45 gouttes/jour) versus la moitié traitée par un anxiolytique benzodiazépinique, l’Oxazépam à la posologie de 30mg/j., sur 4 semaines ; il y avait un bénéfice clinique dans les 2 échantillons, sans différence significative. Par contre, les patients traités par la Benzodiazépine ont eu une baisse de performance au travail, alors que le groupe sous PASSIFLORE n’a eu aucun inconvénient de ce type. La conclusion était que la PASSIFLORE a une action anxiolytique au moins égale à un anxiolytique chimique de référence, avec l’avantage d’une absence d’effets secondaires (AKHONDZADEH, 2001, a).

- La 2° étude de cette même équipe, également randomisée en double-aveugle, a porté sur 65 patients en sevrage d’addiction aux opiacés, qui tous recevaient de la Clonidine pendant 14 jours ; la moitié reçut en plus 60 gouttes d’extrait de PASSIFLORE. Les résultats montrèrent une supériorité du groupe traité par PASSIFORE + Clonidine, par rapport au groupe traité par Clonidine seule, sur le niveau d’anxiété accompagnant la période de sevrage (AKHONDZADEH, 2001, b).

- Une petite étude australienne sur 41 patients (adultes jeunes entre 18 et 35 ans), en double-aveugle, versus placebo, a testé l’intérêt d’une faible posologie de PASSIFLORE en tisane vespérale : les patients traités sur une période courte d’une semaine ont ressenti une amélioration subjective de la qualité du sommeil (NGAN, 2011).

- Une très récente publication de suivi de femmes psychiatriques traitées pendant leurs grossesses par Passiflora incarnata a enregistré 5 cas de troubles néo-nataux (un cas de mort néonatale, ruptures prématurées des membranes, inhalation de méconium...) alors qu’aucune anomalie de développement n’avait été relevé à 6 mois de grossessse. Dans le cas où des femmes enceintes auraient recours à la Passiflore, un suivi par monitoring sera recommandé à l’approche du terme ( OZTURK, 2018).

un fruit de Passiflore
sur l’ Île de NOIRMOUTIER
(à « l’ Île aux papillons »)

 3) Indications thérapeutiques de la PASSIFLORE

Les propriétés thérapeutiques de la Passiflore sont, en résumé :

=> une action tranquillisante dans les états nerveux, « dystoniques », qui résultent d’une « excitation cérébrale  » ; quand la personne présente une « fébrilité nerveuse » qui aurait besoin d’un apaisement. L’effet « sédatif » obtenu n’est pas semblable à celle des opiacés, car la Passiflore n’entraine aucune sédation dans un sens de ralentissement cérébral ou de somnolence ; la vigilance reste intacte. La plante amène le patient à un état de tranquillité en agissant sur la cause du comportement nerveux : son anxiété, exprimée ou latente. Les recherches en pharmacognosie ont permis de confirmer que la PASSIFLORE est un véritable anxiolytique végétal, agissant de façon douce par un effet « benzodiazépine-like » sur les mêmes récepteurs. La plante peut servir précieusement au sevrage des benzodiazépines, et semble-t-il d’autres substances addictives.
Elle favorise le sommeil, non-pas par effet hypnotique, mais en réduisant l’anxiété, en calmant l’excitation cérébrale qui maintient les insomniaques en éveil, en réduisant l’activité motrice, en détendant le corps par un effet antispasmodique. La résultante est une amélioration du repos, avec restauration d’un sommeil naturel. Le réveil est lucide, sans effet résiduel.

=> une action antispasmodique sur la fibre lisse, s’exerçant particulièrement sur l’arbre bronchique. Une amélioration de l’asthme a été signalée. Les fruits sont connus au Brésil et aux Antilles pour calmer les coliques intestinales dans les diarrhées.

=> un effet antinévralgique : peut-être en diminuant les conséquence de la douleur sur l’état nerveux

=> un effet anticonvulsivant, déjà remarqué par les médecins américains, et confirmé expérimentalement (NASSIRI-ASL, 2007).

 USAGE CULINAIRE 

Les fruits de la Passiflore officinale, comme ceux des variétés bleues de nos jardins, sont comestibles, très mûrs quand bien orangés, mais d’un piètre goût. Certains en font des confitures.
Les fruits savoureux proviennent de la Passiflore « Edulis » originaire d’Amazonie, qui est maintenant cultivée en Amérique du Sud, en Afrique du Sud et en Australie. On en tire des jus, des glaces et des sorbets.

 RECOLTE 

Récolter les fleurs en boutons ou à peine écloses, ou les parties aériennes avec les feuilles ; laisser sécher ; ensacher ou conserver en bocaux à l’abri de la lumière.

 EMPLOI MEDICINAL et POSOLOGIE

- en INFUSION : 3-5 g de fleurs séchées ou de feuilles/ tasse de 150 ml (10 à 15g/ demi-litre ; ou 20g à 30g/Litre) verser l’eau bouillante, laisser infuser 15-20 mn.
- en GELULES dosées à 250 mg ou PASSIFLORE Arkogélules 300mg
ou PASSIFLORE gélules 230mg FENIOUX posologie : 4 à 6 gélules par jour dans l’anxiété ; ou 2 à 3 gélules le soir en monoprise environ 1/2H à 1H avant le coucher
- en TEINTURE-MERE : PASSIFLORA INCARNATA TM dans l’anxiété, la nervosité, ou l’aide au sevrage des substances psychotropes : 30 à 50 gouttes x 3 fois /j ; ou pour obtenir des nuits calmes : 60 à 100 gouttes le soir avant le coucher
(la TM est interdite chez l’enfant à cause de l’alcool qu’elle contient ; et ne doit pas être prise par les patients abstinents, après sevrage alcoolique)
- en SIPF (suspension intégrale de plante fraiche) qui est un Extrait hydro-alcoolique ; posologie recommandée 5 ml x matin et soir.
- en Comprimés et dragées : il a existé de nombreuses spécialités ; peu sont restées : la PASSIFLORE s’y trouve associée à d’autres plantes sédatives ou antispasmodiques : à titre d’exemple :
EUPHYTOSE : PASSIFLORE 40mg/ VALERIANE 50mg/ AUBEPINE 10mg : BALLOTTE 10mg posologie : 2 cpx 2-3 fois/j ou 2 cp au diner et 2 cp au coucher ; ou bien 3-4 cp en monoprise le soir.

ASSOCIATIONS judicieuses :
- pour un bénéfice dans l’anxiété, prenant la forme de « stress », avec excitation et spasmodicité : : PASSIFLORE + VALERIANE
- pour un bénéfice chez des anxieux plutôt déprimés : PASSIFLORE + MILLEPERTUIS, où la Passiflore potentialise l’effet antidépresseur du MILLEPERTUIS (HAMID, 2017)
- pour un effet sédatif le soir, préparant au sommeil : PASSIFLORE + ESCHOLTZIA (la Passiflore atténue l’hyper-excitabilité, tandis que l’Escholtzia possède un effet hypnotique doux).

Contrindications et précautions d’emploi :
- par principe de précaution, l’utilisation de PASSIFLORE chez la femme enceinte et l’enfant < 12 ans n’est pas recommandée (Assessment report/ European Medicine Agency, 2014)
- la prise concomittente de PASSIFLORE et de psychotropes (Benzodiazépines, IMAO, antidépresseurs...) est très déconseillée.
- il pourrait aussi y avoir des interactions médicamenteuses avec les Opiacés et les Codéiniques.

 PHARMACOPEE FRANCAISE

Liste A (ansm Janvier 2017)

 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 1) Bibliographie générale

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Loïc GIRRE « Les Plantes et les médicaments » p. 72-73
Jacques FLEURENTIN « Du bon usage des plantes qui soignent » p. 28-29
Gérard DEBUIGNE, François COUPLAN « Petit Larousse des Plantes Médicinales » p. 330
Ethan B. RUSSO, Virginia M. TYLER « Handbook of Psychotropic Herbs », 2015
Dr Michael TRAUB « Passionflower (Passiflora) An Overview of the research and clinical indications » Gaia Herbs

 2) Ouvrages anciens

 3) Articles scientifiques 

(classés par ordre chronologique, des plus anciens aux plus récents) :

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 WEBOGRAPHIE 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Passiflora_incarnata
http://www.wikiphyto.org/wiki/Passiflore_officinale
https://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=passiflore_ps
http://www.doctissimo.fr/html/sante/phytotherapie/plante-medicinale/passiflore.htm
http://www.phytomania.com/passiflore.htm
https://www.gaiaherbs.com/uploads/A_Research_Review_of_Passionflower-1366988552.pdf


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