BIENFAITS des PLANTES MEDICINALES

Sur l’INTERÊT d’AVOIR RECOURS aux PLANTES MEDICINALES

lundi 24 juillet 2017 par Dr Dom COQUERET

Depuis l’aube de l’humanité, les plantes ont été les alliées des hommes pour leur nourriture et aussi pour se soigner, pour remédier aux diverses maladies. Les premières connaissances sur l’usage des plantes sauvages semblent avoir été inspirées par l’observation des comportements animaux : ceux-ci ayant recours à certaines plantes, seulement lorsqu’ils sont malades. Puis, la longue acquisition d’une bonne connaissance par les hommes des effets des plantes disponibles dans leur environnement s’est faite surtout de façon empirique, quelquefois par l’intuition de certains hommes-médecine.
De par le monde, les peuples autochtones ont acquis un vaste savoir au sujet de milliers de plantes utiles, culinaires ou médicinales, indispensables à la survie de leur communauté. Dans la Chine ancienne, dans les jungles d’Asie, chez les Indiens d’Amérique et en Amazonie, du Nord des plaines d’Europe aux savanes africaines, des hauts plateaux d’Iran jusqu’aux montagnes de l’Himalaya, le recours aux plantes médicinales dans la vie quotidienne était indispensable, infiniment précieux. Ces plantes utiles étaient vénérées, on reconnaissait leurs « vertus », leurs bienfaits. Dans les campagnes, les gens collectaient volontiers des « simples », ces plantes communes des prairies, des haies, des forêts ou des berges des fleuves, que chacun pouvait ramasser en revenant des champs ou chemin faisant.
Ainsi, les recettes transmises par nos grand-mères recommandaient de se refaire les forces après l’hiver en mangeant de l’Ail-des-ours, de prévenir les rhumes avec du Serpolet, de faire appel à la Bourrache pour favoriser la sudation au cours des fièvres, au Romarin comme tonique, ou à la Bistorte en cas de diarrhée saisonnière ; la Reine des prés soulageait les rhumatismes ; les racines de Valériane et les fleurs de Camomille étaient précieuses pour remédier aux troubles nerveux...
Dès les temps anciens, les hommes connurent des plantes importées, ramenées de loin par des voyageurs, dont on vantait les vertus, et que l’on se procurait fort cher : le Nard celtique, l’Aloès de Socotra, l’Encens, ou le Pavot d’Orient...
A partir du XVI° siècle, des plantes médicinales exotiques, ramenées des colonies, enrichirent la pharmacopée : l’Ipéca, l’écorce du Quinquina, le Caféier, le Baume du Pérou...
Ce savoir, qu’il soit ancestral ou savant, tend à disparaître avec le modernisme qui s’étend, depuis que celui-ci a répandu l’usage des médicaments chimiques (pour ceux qui peuvent y avoir accès).

Une « plante médicinale » est une entité végétale qu’il faut regarder comme un « être » particulier, adapté à son biotope, avec son port, ses couleurs, sa saveur, et son pouvoir d’agir sur la santé. Chaque espèce est le fruit d’une longue évolution, d’une lente adaptation au climat, dans un environnement spécifique qui est un écosystème. La plante y vit en symbiose naturelle. Elle a acquis des qualités liées à la synthèse de substances qui lui permettent de résister au froid comme à la sécheresse ; elle sécrète des substances qui attirent ou repoussent les insectes, et d’autres qui la défendent contre les bactéries, les virus, et les mycoses.
Au sein de cette chimie végétale, une plante peut élaborer des toxines puissantes (comme chez l’Aconit, la Belladone, la Digitale ou le Muguet...) qui éloignent les prédateurs, moyen puissant d’assurer sa survie à travers les âges. D’autres plantes vont produire des substances précieuses capables de guérir des animaux ou des humains. Ce qui est étonnant est la capacité d’une plante particulière d’être curatrice d’un processus morbide précis par l’entremise d’un faisceau de molécules agissant de façon ciblée.
C’est ainsi que le Pissenlit régule l’élimination de l’eau et les toxines accumulées pendant l’hiver, en relançant les « émonctoires » (le foie et les reins).
Les Chardons protègent le foie des agressions.
Les fruits rouges de l’Aubépine fortifient le cœur tout en régularisant son rythme.
L’Arnica agit sur le sang et répare tout ce qui résulte d’un traumatisme.
La racine de Valériane renforce la résistance du système nerveux.
L’Achillée millefeuille est une excellente vulnéraire qui cicatrise les plaies.
La Bistorte est astringente, c’est-à-dire qu’elle retient les liquides et contrôle les diarrhées.
Le Bouillon blanc facilite l’expectoration des poumons, tandis que le Tussilage calme la toux excessive.
Toutes les Menthes sont digestives.
Le Thym et le Romarin sont avant tout des toniques qui relèvent la vitalité défaillante aussi bien sur le plan psychique que physique.
La Passiflore favorise un épanouissement nerveux.
Le Pavot cible le système nerveux central : il soulage la douleur et procure de la sérénité.
Chacune de ces grandes plantes médicinales est porteuse d’un processus de guérison orienté.

La médecine moderne, basée sur la science de la chimie, a tenté de reproduire les substances les plus actives isolées des végétaux, mais chaque substance purifiée ou synthétisée de novo ne reproduit qu’une partie du champ thérapeutique de la plante entière. Mieux vaut le plus souvent recourir au totum de la plante, c’est-à-dire à la plante entière. Ont été synthétisées aussi de très nombreuses substances imitant les modèles des molécules végétales, avec des modifications de radicaux, à l’origine des médicaments nouveaux de la médecine allopathique. Ces remèdes sont très puissants : anesthésiques, antalgiques, antibiotiques, anti-inflammatoires, antihypertenseurs, anticancéreux, anxiolytiques et neuroleptiques, anti-rejets de greffe d’organes... ils sont très efficaces, avec pour corollaire que nous ne pourrons plus nous en dispenser ; malheureusement, ils sont grevés d’effets secondaires parfois redoutables. Les traitements sauvent des vies, enrayent des pathologies sévères...mais au prix d’une toxicité quasi systématique, que l’organisme a du mal à éliminer.

C’est là où la phytothérapie, l’aromathérapie et l’homéopathie ont une place parmi les médecines alternatives. Elles méritent d’être prescrites en première intention quand la pathologie le permet, quitte à détenir sous la main la possibilité de prescrire des remèdes allopathiques si la situation l’exige. Lorsque le patient sortira d’une épreuve comme une pneumopathie traitée par antibiothérapie, une intervention chirurgicale, une corticothérapie, voire une chimiothérapie anticancéreuse, il conviendra de soutenir l’organisme affaibli, de renforcer « l’organe le plus faible », de relancer la capacité d’éliminer les toxines, de drainer le foie, de traiter la « sycose » qui est un terrain d’intoxication chronique induit, de freiner l’évolution sclérosante qui suit toute inflammation...
Les remèdes naturels à base de plantes, bien choisis, vont :
- en premier lieu stimuler les forces vitales du patient affaibli ou convalescent
- restaurer son immunité naturelle
- accélérer l’élimination des toxines et des médications étrangères (par les voies biliaires, le colon, les reins, et la peau)
- rétablir l’appétit, une bonne digestion, et un transit régulier
- régénérer le sang lorsqu’il y a un début d’anémie
- rééquilibrer les fonctions endocriniennes
- et permettre au système nerveux de retrouver son équilibre.

Une plante unique ne peut accomplir seule la restauration de l’ensemble des fonctions (même si l’on a qualifié de « panacée » certaines plantes censées remédier à beaucoup de situations pathologiques (comme la SAUGE en Occident ou l’ASHWAGANDHA en médecine indienne). Les médecines anciennes, chinoise et ayurvédique, l’avait bien compris, au point d’élaborer des compositions très ajustées où chaque plante exerce son action en synergie avec les autres ; une plante pouvant antagoniser la toxicité éventuelle d’une autre, et l’ensemble visant à restaurer un état de vitalité et d’équilibre fonctionnel entre les différents organes.

La stratégie thérapeutique consiste dans le choix des plantes les mieux adaptées au tableau pathologique de la personne malade, à les prescrire associées judicieusement, à la bonne posologie, au bon moment, ou en les prescrivant successivement aux différentes phases de la maladie. C’est cela « le grand art ». En procédant ainsi, la phytothérapie pourra encore pour longtemps venir au secours des malades que le mode de vie a éloigné de la nature, dont les métabolismes sont victimes d’excès, ou chez qui le relationnel douloureux a malmené la sphère émotionnelle.
Remédier aux causes profondes qui ont permis l’émergence de la maladie, est essentiel. Amener les corrections nécessaires au rythme de vie, corriger l’hygiène de vie, parfaire la diététique, faire appel à du développement personnel, tout ceci est encore fondamental pour éviter de « tomber malade ».
Les « Simples », ces plantes compagnes de l’homme, peuvent, grâce à leurs précieuses propriétés, concourir à maintenir ou restaurer la meilleure santé possible.

Dr Dom COQUERET
Auxerre, Juillet 2017


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